le Peintre, le Modèle et le Photographe
un film de Blaise Adilon
Parole : Marc Desgrandchamps
Modèle : Laura Lozano
N&B et Couleur - DVC Pro HD - 52 mn

La parole de Marc Desgrandchamps, peintre, sert de basse continue sonore à l’ensemble. Elle donne au film un caractère documentaire ; Marc n’y parle pas de sa peinture directement, mais du contexte de création d’une œuvre, de l’époque et de ses conséquences pour la création, de la raison d’être de l’artiste, du rapport du spectateur avec l’œuvre, du réel, de la photographie, du cinéma, de la mort. C’est un photographe qui ne parvient plus à photographier. Le sens de ce geste, son insignifiance face au passage du temps, l’illusion que l’acte photographique entraîne face à cette fuite en avant l’empêche de continuer. En même temps photographe avant tout, il rencontre un modèle qui l’obsède, et à la façon d’un road movie mental il va essayer de la photographier. Mais il ne parvient finalement pas à la rencontrer dans le réel, et il substitue sans cesse à cette femme les milliers d’images qu’il a impressionnées dans son esprit, milliers de femmes modèles depuis des siècles, peinture, photographie, cinéma qui viennent s’intercaler, s’opposer au réel et au regard qu’il porte sur Elle. C’est une sorte de schizophrénie qui la saisit, au tourbillon de tous ses rôles. Elle vit et absorbe tous ses personnages avec trop d’intensité et de vérité. Et lui qui la pousse toujours plus loin sans parvenir à déclencher et mettre finalement fin à cette quête. Symboliquement c’est un peu comme une impuissance à la féconder ; c’est comme un refus de la faire exister. Comme l’interdiction qui lui serait faite de porter un visage, son propre visage. Ce film n’est ni un documentaire, ni une œuvre de fiction. C’est un tableau, une peinture cinématographique, mouvante et émouvante.

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